Respirer. Simplement ouvrir les fenêtres. Ces quatre journées de juillet sur le site de la Bastille n’ont pas d’autre ambition que de donner la main à une centaine de jeunes artistes et créateurs et de convier le public le plus large possible à découvrir leurs premiers travaux.
C’est la raison pour laquelle, il y a un an, lorsque la chorégraphe Dominique Hervieu nous a sollicités, nous avons immédiatement accepté. Sans calcul, sans réflexion, instinctivement.
Parce que notre métier est de faire de la création une question publique, de lier artistes et publics dans un environnement toujours plus contraint, plus fermé et qui exacerbe les tendances fortes de nos sociétés.
Qui pourrait nier qu’il est aujourd’hui plus dur qu’hier de « devenir ce que l’on est » c'est-à-dire pour un jeune artiste de faire ses premiers pas, de trouver son premier public ou sa première production ?
La société française, comme toutes ses consœurs européennes vieillissantes, laisse à sa jeunesse une portion congrue, quant elle ne lui ferme pas purement et simplement la porte où quand, comme dans les tragédies grecques, elle ne lui fait pas payer les fautes commises par les pères.
C’est de tout ce brouillard que nous avons voulu sortir, ne serait-ce que quelques jours, parce qu’il y a urgence à voir, écouter et gouter ces premiers gestes, à accompagner ces premiers pas et à partager ce mouvement qui n’est autre que le mouvement du monde, depuis la première aube et jusqu’au dernier matin.
Et nous sommes heureux, c’est peu de le dire, de toute cette matière de paysagistes, de circassiens, de comédiens, de musiciens, de cuisinier, de plasticiens, d’architectes ou d’écrivains en train de lever sur les surplombs de l’Isère.
Prendre la Bastille est une fois de plus un acte salutaire, pour imaginer, maintenant.
A tout de suite…
Michel Orier
Directeur