Vous êtes chaque année plus nombreux à fréquenter notre établissement.
Votre fidélité est un gage de la qualité de notre programmation, c'est-à-dire du travail des artistes, des techniciens et de l’ensemble de notre équipe permanente ainsi que celle des centres de création attachés à la maison.
Ce succès témoigne de l’importance que revêt notre mission et de la place que vous accordez à la création artistique.
Notre vocation de s’adresser à toutes et à tous permet chaque année à près de cent cinquante mille spectateurs d’accéder, pour un coût qui reste inférieur à ce qui est pratiqué dans les autres pays européens, à quelques unes des productions essentielles dans le domaine du théâtre, de la danse, de la musique, et plus largement de l’ensemble des disciplines du spectacle vivant.
Tout cela vous le savez, bien sur, et nous vous sommes gré de l’attachement que vous nous portez, mais nous devons aujourd’hui vous alerter sur le fait que, comme beaucoup d’institutions ou d’acteurs culturels, notre action est menacée par deux facteurs essentiels.
Le premier, probablement le plus grave, relève de la réforme des collectivités territoriales.
L’Etat, qui fut l’initiateur de la décentralisation culturelle, ne délègue plus que 40% de ses crédits en région, le reste étant capté par l’Ile de France.
Les collectivités territoriales, c'est-à-dire les départements, les régions, les villes ou les agglomérations, financent 70% de la politique culturelle. Elles peuvent le faire au nom de la clause de compétence générale. Le projet de réforme prévoit notamment la suppression de cette clause, ce qui équivaut à une interdiction de financer nos activités, les collectivités devant se recentrer sur les clauses de compétence qui leur seront dédiées (voierie, collèges ou lycées, social, routes etc.).
A cela s’ajoute la suppression d’un certain nombre de recettes, aujourd’hui non remplacées, telles que la taxe professionnelle et l’ajout de nouvelles dépenses, dues à des transferts de compétences mal compensées, qui dégradent l’équilibre financier des collectivités en question.
La deuxième raison qui nous inquiète relève de la révision générale des politiques publiques (RGPP), processus engagé par l’Etat qui fait peser de très lourdes menaces sur le budget de notre ministère de tutelle.
Ces conditions créent pour notre secteur d’activités, une situation inédite, dans laquelle certains voient un effet d’aubaine, propice à restreindre le champ de l’intervention publique.
Or, vous le savez, tout cela n’est pas qu’une histoire de divertissement.
Toutes nos entreprises ont accompli des efforts d’ajustement au cours de la dernière décennie et aucune mesure de restriction ne peut être aujourd’hui mise en œuvre sans avoir pour effet une réduction de notre activité qui aura des conséquences immédiates en termes d’emploi et de tarification.
L’ensemble des organisations de salariés et d’employeurs du spectacle vivant ont appelé à une journée d’action le Jeudi 6 mai prochain.
Nous souhaitons profiter de cette initiative pour organiser une réunion d’information sur la réalité de notre entreprise, son budget, son organigramme, son fonctionnement, ses projets etc.
Celle-ci aura lieu Jeudi 6 mai à 19h, au Grand Théâtre de la MC2.
Nous serions très heureux de pouvoir compter sur votre présence.
L’équipe de la MC2