De Mefisto for ever à Wolfskers et Atropa. La vengeance de la paix, et à travers ce Triptyque du pouvoir qu’il nous présentait la saison passée, Guy Cassiers démontrait l’excellence visuelle de son théâtre et sa belle capacité à inscrire dans des écrins d’images au graphisme impeccable des analyses sans concession sur les mœurs et l’aveuglement égotique des funestes pantins politiques qui ont fait les drames de l’histoire humaine et tout particulièrement de celle de notre XXéme siècle. Politique, sociologique et avant tout humaine, sa mise en scène a régulièrement puisé dans la littérature pour inventer un autre théâtre. Du Seigneur des guêpes de Iain Banks à Rouge décanté de Jeroen Browers ou à La Femme qui se cognait dans les portes de Roddy Doyle, ce fût souvent vers l’attentive écoute d’une conscience marginale qu’il a souhaité nous faire prêter l’oreille. Ainsi la fille élevée comme un garçon, l’écrivain traumatisé par l’horreur des camps de prisonniers, ou la femme victime des violences conjugales furent pour lui les héros oubliés des coulisses de notre histoire. C’est dans la lignée de ces travaux précédents, qu’avec cette adaptation de Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry, il s’empare d’un des fleurons de la littérature du XXéme siècle pour revenir à un sujet qui lui est cher, celui de démonter qu’il n’est que depuis les témoignages des marges qu’on puisse trouver le recul nécessaire pour porter un regard lucide sur les désordres de nos sociétés. Malcolm Lowry inscrit l’écriture de Sous le volcan dans une très classique unité de temps et d’action. Comme un premier indice… ce jour du 2 novembre 1938, est le jour de la Fête des Trépassés, une version mexicaine donc forcément baroque et débridée de notre Jour des morts. De 7 heures du matin à 7 heures du soir, alors que dehors c’est la fête avec son lot de pétards et ses danses macabres, le voici laissant à ses personnages le répit d’une journée de plus en forme de dernière chance. L’offrande de quelques heures de vie à ceux qui devront faire le bilan de leur existence avant de s’éteindre aux premières lueurs du couchant. Un bal des maudits aux allures de dramatique compte à rebours qui réunit Geoffrey Firmin, l’ex-consul d’Angleterre à Quauhnahuac, imbibé au dernier degré de mezcal et de tequila, et son ancienne épouse Yvonne, une actrice ratée, revenue à l’improviste pour tenter de recoller les morceaux de leur mariage gâché. Une déchirante histoire d’amour qui au-delà des vapeurs d’alcool et du tragique de leurs comportements d’échec réunit à jamais dans la mort deux être aimants qui ne savaient plus s’aimer.<avec> Katelijne Damen > Josse De Pauw > Bert Luppes > Marc Van Eeghem <Mise en scène> Guy Cassiers <Texte> Josse De Pauw <D’après le roman de> Malcom Lowry <Dramaturgie> Erwin Jans <Concept estéthique / Scénographie> Enrico Bagnoli > Diederik De Cock > Arjen Klerkx <Costumes> Katelijne Damen <Traduction / Surtitres> Monique Nagielkopf <Surtitres> Erik Borgman<production> Toneelhuis<coproduction> Théâtre de la Ville Paris / Festival d’automne à Paris > MC2: Grenoble > Maison de la culture d’Amiens > Théâtre du Nord - Lille > Le Volcan - le Havre > La Comédie de Reims<partenariat>
<Dossier pédagogique>
Disponible sur simple demande auprès de Géraldine Garin : <geraldine.garin@mc2grenoble.fr>