Théâtre
Salle de Création

<Du mardi 2 au samedi 6 mars 2010>
  • <mardi, vendredi> 20h30
  • <mercredi, jeudi, samedi> 19h30
  • <dimanche> 18h00
<durée> 2h30

<plein tarif> 22€
<réduit> 19€
<carte MC2> 15€
<MC2 plus> 9€
Ciels
Texte et mise en scène de Wajdi Mouawad

De l’enfant naît l’homme… C’est peut-être sur la foi d’un souvenir d’enfance, trésor porté au plus secret du cœur, que Wajdi Mouawad est devenu l’auteur et le metteur en scène que l’on sait. Né à Beyrouth en 1968, il dû quitter sa terre natale à l’âge de huit ans pour cause de guerre civile. Dans le Liban des attentats sanglants et des raids aériens meurtriers, c’est en confessant cette histoire rapportée en toute simplicité par sa mère à des voisines à l’heure du thé, que l’artiste libano-québécois nous éclaire au-delà de toutes limites, sur l’étrange mélange de cruauté et de violence, de rêves et de fantasmagories qui parcourt toute son œuvre. « En ces temps-là, pour se protéger des bombardements nos familles se réfugiaient dans les caves. L’abri dont parlait ma mère ne contenait qu’une statue de la Vierge qui pour cause de mauvaise fortune était tournée face au mur. Détruisant une à une les dalles de béton des étages, une bombe finit sa course dans ce sous-sol pour y exploser dans un fracas d’enfer. Alors la statue se retourna et ouvrant largement les bras, attira les éclats meurtriers d’acier pour les transformer en autant de pétales de roses. Et personne ne fut tué. » Aussi incroyable que cela puisse paraître à ceux qui n’ont connu que la paix… En temps de guerre, quand la vie ne tient qu’à un fil, le récit de ce genre de miracle s’avère du lot commun et n’appela ce jour-là, alors que sa mère resservait le thé, à aucun commentaire de l’assemblée… À travers ce souvenir décisif, c’est de la nécessité vitale d’inscrire les miracles dans le quotidien que Wajdi Mouawad souligne l’importance… Et ce faisant, il nous donne une clef précieuse pour comprendre l’épique de son théâtre qui, dans les mouvements d’une même écriture, embrasse la réalité des vies d’aujourd’hui, la présence des légendes anciennes et une archéologie intime de ces sagas familiales qui furent les victimes des conflits contemporains. Dans le quatuor des pièces réunies sous le titre, Le Sang des promesses, sa dernière création, Ciels fait figure de contrepoint et d’envers du décor à la trilogie d’un premier parcours qui se déclinait métaphoriquement dans l’évocation des quatre éléments, d’Incendies (le feu) à Littoral (l’eau) à Forêts (la terre) et à Ciels (l’air). Si son premier triptyque témoignait de la quête générationnelle de jeunes adultes ne pouvant vivre sans connaître leurs racines, Ciels, pour clore la boucle, s’intéresse à ces officines secrètes, qui d’écoutes téléphoniques en espionnage sur internet, ont pouvoir de vie ou de mort sur les quidams que nous sommes. Ciels, ou l’ailleurs d’un pluriel pour dire de sombres cieux qui ne sont d’aucun dieu.

<avec> John Arnold (Charlie Eliot Johns) > Georges Bigot (Blaise Centier) > Valérie Blanchon (Dolorosa Haché) > Olivier Constant (Vincent Chef-Chef) > Emmanuel Schwartz/Stanislas Nordey (Clément Szymanowski) <Et en vidéo> Gabriel Arcand (Valéry Masson) > Victor Desjardins (Victor Eliot Johns) > et la voix de Bertrand Cantat <Dramaturgie> Charlotte Farcet <Assistant à la mise en scène> Alain Roy <Conseiller artistique> François Ismert <Suivi artistique en tournée> Pierre Ziadé <Scénographie> Emmanuel Clolus <Lumière> Philippe Berthomé <Costumes> Isabelle Larivière <Musique> Michel F. Côté <Son> Michel Maurer <Réalisation vidéo> Dominique Daviet <Création vidéo> Adrien Mondot <Relations presse et communication> Dorothée Duplan & Marie Bey (Plan Bey) <Direction technique> Laurent Copeaux (Espace Malraux Chambéry) <Régie générale> Cyril Givort <Régie plateau> Caroline Boulay et Eduardo Mingo Gonzalez <Régie lumière> Julie Gicquel <Régie son> Olivier Renet <Régie vidéo> Olivier Petitgas <Décor fabriqué par> les ateliers du Grand T scène conventionnée Loire-Atlantique <Ciels> a été créé le 18 juillet 2009 à Châteaublanc - Parc des expositions, Festival d’Avignon <Wajdi Mouawad> est artiste associé à l’Espace Malraux scène nationale de Chambéry et de la Savoie, qui est producteur délégué de ses spectacles de 2008 à 2010

<production> Anne Lorraine Vigouroux, Au Carré de l’Hypoténuse, France > Maryse Beauchesne, Abé Carré Cé Carré, Québec <Production déléguée> Espace Malraux scène nationale de Chambéry et de la Savoie

<coproduction> Espace Malraux scène nationale de Chambéry et de la Savoie > Au Carré de l'Hypoténuse > Abé Carré Cé Carré > Théâtre français/Centre national des Arts Ottawa > Le Grand T scène conventionnée Loire-Atlantique > Célestins Théâtre de Lyon > La Comédie de Clermont-Ferrand scène nationale > Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées > MC2: Grenoble

<Avec le soutien> du Service de coopération et d’action culturelle du Consulat général de France à Québec > du Ministère de la culture, des communications et de la condition féminine du Québec > du Conseil des arts et des lettres du Québec > du Ministère des relations internationales du Québec > du Conseil des Arts du Canada > du Fonds de développement de la création théâtrale contemporaine > de la Région Rhône-Alpes > de la Drac Ile-de-France/Ministère de la culture et de la communication > de l’Hexagone scène nationale de Meylan <Avec le soutien de> la Région Rhône-Alpes dans le cadre du Réseau des Villes

<Autour du spectacle>
Dans le cadre du séminaire Le plateau à l’œuvre organisé par le Centre E.CRI.RE, composante de l’Equipe Traverses 19-21 et du département des Arts du spectacle de l’Université Stendhal
Conférence de Mahtab Mazloumian qui s’intéressera aux relations entre la dramaturgie de Wajdi Mouawad et les scénographies proposées par Emmanuel Clolus.
Mahtab Mazloumian est architecte, scénographe et elle enseigne à l’ENSA de Paris la Villette
Mardi 2 mars de 12h30 à 15h30
>
Salle Jacques Cartier / Campus Universitaire
Entrée libre dans la limite des places disponibles



1. florence - lundi 15 mars 2010 à 22:38
Découvrant pour la première fois une pièce de Mouawad, j'ai été tenue en haleine par Ciels jusqu'à sa fin bouleversante. Le public a salué de longs applaudissements cette création inventive mêlée de poésie mathématique, jouée par des acteurs marquants, présents sur scène ou sur écran, et d'une grande et tendre authenticité à travers les quelques scènes entre un père éloigné et son fils.