Ancrée dans son époque, la Quatrième Symphonie de Mahler est une des pages les plus proches de l’univers pictural et notamment de
Klimt. C’est une véritable mosaïque sonore à double lecture : à l’apparence débonnaire d’un hommage à Haydn et Schubert se substitue un univers de variations et formes mouvantes. Lorsqu’il entreprend sa composition en 1899, Mahler occupe depuis deux ans le poste qu’il avait longtemps convoité : il est directeur de l’Opéra de Vienne et a retrouvé sa ville d’adoption. On ne peut que reconnaître l’empreinte que la capitale autrichienne a laissée sur cette page, sur son lyrisme pastoral et son heureux abandon. De fait, elle associe la grâce et l’expression pastorale à la vigueur incisive et à une ambiguïté de sentiments certaines. Humoresque, telle que l’a voulue Mahler, cette symphonie tente l’impossible : « J’ai voulu rendre le bleu uniforme du ciel. Parfois cela s’assombrit, devient effrayant et fantastique sans que le ciel ne bouge, mais c’est cela même qui nous fait subitement peur, une terreur panique, nous saisit au milieu du plus beau ». C’est l’Orchestre des Champs-Élysées, dirigé par Philippe Herreweghe, qui nous offrira cette page
emblématique du répertoire « Mitteleuropa ». Cette formation se consacre depuis 1991 à l’interprétation, sur instruments d’époque, du répertoire allant de Haydn à Mahler, et s’est aventurée jusqu’à Schoenberg en enregistrant le Pierrot Lunaire. Philippe Herreweghe en est l’un des fondateurs, et le chef attitré. Quant à lasoprano Rosemary Joshua, elle s’est affirmée comme l’une des icônes du chant baroque, aux côtés de Nikolaus Harnoncourt, William Christie ou René Jacobs mais son immense répertoire, qui s’étend de Haendel à Stravinsky, lui a permis de
s’illustrer sur les scènes des cinq continents, aussi bien chez Janacek que Mahler, Verdi ou Richard Strauss.<programme> Beethoven : Coriolan - ouverture > Brahms : Variations sur un thème de Haydn op. 56 > Mahler : Symphonie n° 4 en sol ML’Orchestre des Champs-Elysées, associé au TAP - Scène nationale de Poitiers et en résidence en Poitou- Charentes <est subventionnés par> le Ministère de la culture > la région Poitou-Charentes s <Il est membre de> la FEVIS (Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés).<Autour du spectacle>
Conférence La 4e symphonie de Malher, un vaste royaume imaginaire
Serge Coste enseigne la culture musicale dans plusieurs conservatoires de l'agglomération grenobloise (Jean Wiéner, Eybens, Meylan). Il est directeur musical de l'ensemble Le Temps Retrouvé, qui se consacre à la musique du xxe siècle et contemporaine. Récemment, il a participé à l'encyclopédie Wagner et le wagnérisme qui va paraître au printemps 2010 chez Actes Sud
Jeudi 11 mars, 18h00-19h00
> MC2 : Salle Video
Inscription conseillée auprès de Mathias Perrette :
mathias.perrette@mc2grenoble.fr - 04 76 00 75 10