Bach Les Concertos Brandebourgeois
Les Musiciens du Louvre • Grenoble - Direction : Marc Minkowski
Sur la page de garde des Concertos Brandebourgeois, Bach a écrit en français : « Six Concerts Avec plusieurs Instruments Dedies A son Altesse Royale Monseigneur CRETIEN LOUIS Margraff de Brandebourg (...) par Son tres-humble & tres obeissant Serviteur Jean-Sebastien Bach ». Il apparente de lui-même ses concertos à la forme française du « Concert », illustrée par son contemporain Couperin. Mais dans ces « concerts », c’est un sang latin qui coule aussi : marqué par l’école italienne, Bach reprend à Vivaldi son art d’opposer tutti et soli ou, a contrario, de faire dialoguer plusieurs instruments à part égale. A moins que ce ne soit un sang allemand : ces concertos furent dédiés au margrave de Brandebourg, qui ne les entendit sans doute pas jouer par son propre ensemble dont les effectifs étaient insuffisants, mais furent probablement
interprétés par le brillant orchestre de la cour de Köthen, où Bach resta en poste de 1717 à 1723. Au carrefour de la France, de l’Italie et de l’Allemagne, les Brandebourgeois offrent en fait une synthèse de tous les goûts européens et se distinguent par leur éclatante diversité. Le nombre de mouvements oscille entre deux (concerto no. 3) et quatre (concerto no. 1) ; les effectifs sont aussi variés (treize musiciens au moins pour le concerto no. 1, six pour le no. 6) que les couleurs : à l’univers de la chasse suggéré par les cors du premier concerto s’opposent la trompette guerrière du second, letimbre pastoral des flûtes à bec du concerto no. 4 ou la douceur des altos du no. 6. Mais cette diversité doit aussi au fait qu’à la différence des suites pour instrument
soliste, les Brandebourgeois sont formés de partitions composées séparément entre 1718 et 1721, ce qui ne les empêche pas de former un cycle à part entière. Thibault Noally au violon, Emmanuel Laporte au hautbois, Johannes Hinterholzer au cor, Florian Cousin à la flûte traversière et Francesco Corti au clavecin avaient brillé dans les parties solistes de la Messe en si : ils nous devaient des Concertos Brandebourgeois.Ce sera chose faite pour ce concert, qui verra Marc Minkowski troquer provisoirement la baguette contre l’instrument par lequel il vint à la musique : le basson. Prenant place au milieu de ses musiciens, le chef renouera avec la convivialité qui présida
probablement à la première exécution de ces concertos par l’orchestre de la cour de Köthen, où le prince Leopold et Bach aimaient à venir siéger pour y jouer eux aussi d’un instrument. Entamé avec la Messe en si et poursuivi avec la Passion selon Saint-Jean, le cycle Bach des musiciens du Louvre • Grenoble s’attachera également à célébrer le versant concertant de la production du cantor...
<programme> Bach : Concerto Brandebourgeois n°1 en fa majeur (BWV 1046) > Concerto Brandebourgeois n°2 en fa majeur (BWV 1047) > Concerto Brandebourgeois n°3 en sol majeur (BWV 1048) > Concerto Brandebourgeois n°4 en sol majeur (BWV 1049) > Concerto Brandebourgeois n°5 en ré majeur
(BWV 1050) > Concerto Brandebourgeois n°6 en si majeur (BWV 1051)
Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre • Grenoble sont associés, en résidence à la MC2: Grenoble depuis 2004. <Les Musiciens du Louvre • Grenoble sont subventionnés par> la Ville de Grenoble > le Conseil général de l’Isère > la Région Rhône-Alpes > le Ministère de la culture et de la communication (DRAC Rhône-Alpes)