reserver  // théâtre Rhinocéros - Texte d'Eugène Ionesco | Mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota - du 28 mai au 1 juin 2013 - Grand-Théâtre...//
Théâtre
Grand-Théâtre

<Du 28 mai au 1 juin 2013>

Ma2820h30
Me2919h30
Je3019h30
Ve3120h30
Sa0119h30

<durée> 1h45

<Tarif plein> 24€
<Tarif réduit> 21€
<Carte MC2> 16€
<Carte MC2+> 9€*
* dernière minute 6€
Rhinocéros
Texte d'Eugène Ionesco | Mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota

De ses rhinocéros, Ionesco disait qu’ils étaient en fait des « moutons féroces », des moutons devenus enragés, bornés, prêts à foncer droit devant eux, bille en tête. Emmanuel Demarcy-Mota, qui avait déjà monté le texte en 2004, le reprend aujourd’hui. On y trouve les mêmes acteurs qu’il y a huit ans, mais certains ont permuté leurs rôles : il s’agit bien d’habiter la pièce autrement. Léger pas de côté. Entre-temps, Demarcy-Mota a découvert Le Solitaire, unique roman de Ionesco, dont certains passages font écho au destin de Béranger. Cet étrange antihéros est le seul à ne pas se métamorphoser en rhinocéros. Pourtant, il ne tire aucune gloire de demeurer le dernier humain. Comme le solitaire, Béranger pourrait constater qu’il est resté « au pied du mur. Tout seul, comme un sot. Eux, ils ont fait du chemin, ils organisent même des sociétés ». En retravaillant le texte, Demarcy-Mota et son équipe s’arrêtent sur certaines répliques, autrefois parues anodines. Elles prennent alors tout leur sens et tout leur sel. À nouveaux événements, nouvel éclairage. Plus qu’une pièce antiidéologique, antinazie, antistalinienne, Rhinocéros leur apparaît comme une dénonciation du « régime de l’opinion » d’après les dires de François Regnault. Une charge contre la normalisation de la pensée et du langage. Ionesco peint la contagion des idées reçues. Car il n’y a pas ici de dictateur, pas de pression imposée d’en-haut. Et pourtant, tous tendent à rejoindre le troupeau, à se noyer dans la masse. Les mouvements de foule sont d’ailleurs savamment orchestrés, dans un décor à bascule, qui fait tanguer les uns et les autres, emportés par la vague. En optimiste sceptique, Ionesco rêvait qu’un jour la rhinocérite soit une maladie endiguée : « J’espère que le temps viendra où les hommes vivront dans des démocraties réelles, qu’ils n’auront besoin ni de se soumettre aux collectivismes déshumanisants, dépersonnalisants, ni de se réfugier dans des tours d’ivoire ou de papier. À ce moment-là, des pièces comme Rhinocéros ne seront plus comprises. » Nous n’en sommes pas là. Malheureusement, Rhinocéros résonne encore comme une fable familière.

<avec> Serge Maggiani > Hugues Quester > Valérie Dashwood > Charles Roger Bour > Sandra Faure > Gaëlle Guillou > Sarah Karbasnikoff > Walter N’guyen > Stephane Krähenbühl > Gérald Maillet > Pascal Vuillemot > Philippe Demarle > Jauris Casanova <Texte> Eugène Ionesco <Mise en scène> Emmanuel Demarcy-Mota <Assistant à la mise en scène> Christophe Lemaire <Collaboration artistique> François Regnault <Scénographie> Yves Collet <Lumière> Yves Collet <Avec la collaboration de > Nicolas Bats <Musique> Jefferson Lembeye <Costumes> Corinne Baudelot <Assistante aux costumes> Elisabeth Cerqueira <Maquillages> Catherine Nicolas <Accessoires> Clementine Aguettant <Conseillère littéraire> Marie- Amélie Robillard

<production> Théâtre de la Ville à Paris > Grand Théâtre de Luxembourg > Le Grand T / scène conventionnée de Loire-Atlantique

<dossiers - Dossier pédagogique "Rhinocéros" - p.d.f>




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