New York 1979 : un grand laboratoire artistique, ouvert, pluriel, où les artistes de toutes disciplines se côtoient, s’associent pour un temps puis continuent leur chemin ; personne ne songe alors à établir une hiérarchie entre les genres. C’est dans ce contexte que Dance vit le jour sous les auspices de trois artistes radicaux, le plasticien Sol LeWitt rejoint
Philip Glass et Lucinda Childs qui viennent de collaborer sur Einstein on the Beach de Robert Wilson. Ils sont unis par une conception de l’art commune au sein de laquelle l’abstraction, la rigueur mathématique et les compositions répétitives tiennent les premiers rôles. Pourtant, loin de l’austérité qui pourrait naître de ce credo, Dance est – et reste trente ans plus tard – une pièce vibrante, joyeuse, presque ludique.
Une oeuvre sans début ni fin, se déroulant à une cadence infernale dont l’énergie communicante dope le corps de l’observateur. La pièce exige des danseurs une concentration et une rapidité d’exécution hors du commun. Les jeunes danseurs qui ont pris la place des interprètes d’origine lorsque Lucinda Childs recréa la pièce en 2009, sont
parfaitement à la hauteur de la tâche. La danse, basée sur une succession de pas glissés ou sautés d’apparence très simple, est construite sur une extrême complexité rythmique. Musique, images et mouvements ont été conçus pour se synchroniser d’une manière dynamique et l’on vérifie ici une fois encore que le « tout » est bien supérieur à la somme
des parties ! Chaque artiste a travaillé à partir de structures modulaires qui se répètent avec d’infimes variations créant ainsi une sorte de kaléidoscope visuel et auditif à couper le souffle. Sol LeWitt conçut bien plus qu’un décor. Qu’elles soient dans un rapport mimétique, bouleversent les rapports d’échelle ou habillent le plateau d’un simple carroyage
quasi euclidien, ses images font corps avec la frénésie de la danse dans un constant jeu d’apparitions et de disparitions dont elles sont inséparables. Ni illustration, ni faire valoir, la musique emplit l’espace, le façonne, renforçant la puissance hypnotique de l’ensemble. Ce sont certainement ce souffle, cette puissante vibration d’énergies collaboratives qui confèrent à la pièce un statut si particulier. Elle représente un moment d’exceptionnelle créativité collective dont la liberté formelle s’arrime fermement à une rigueur de composition libératrice. Une oeuvre fascinante dont le pouvoir d’envoûtement n’a rien perdu de sa vivacité.<avec> <Chorégraphie> Lucinda Childs <Vidéo> Sol LeWitt <Musique> Philip Glass <Danseurs> Ty Boomershine > Katie Dorn > Kate Fisher > Anne Lewis > Sharon Milanese > Vincent Mccloskey > Matt Pardo > Patrick John O’ Neill > Lonnie Poupard Jr. > Stuart Singer > Caitlin Scranton > Shakirah Stewart <Remplaçants> Sarah Hillmon > John Sorensen-Joliink <Danseurs dans le film> Megan Walker > Ande Peck > Susan Osberg > Erin Matthiessen > Judy Padow > Graham Conley > Cynthia Hedstrom > Daniel McCusker > Lucinda Childs <Lumière> Beverly Emmons <Costumes> A. Christina Giannini <Assistant à la chorégraphie> Ty Boomershine<production> Linda Brumbach <Manageur de la production et de la représentation> Promegranate Arts www.promegranatearts.com
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"DANCE : au cœur de la constellation post-modern"
Conférence de Sylvaine Van den Esch, conseillère danse à la MC2, sur la danse américaine à la fin des années 70.
<Vendredi 19 octobre à 19h> MC2: Salle vidéo
Renseignements et Inscription : rp@mc2grenoble.fr - 04 76 00 79 22
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