Danse
Grand-Théâtre

<Les vendredi 19 et samedi 20 octobre 2012>

Ve1920h30
Sa2019h30

<durée> 1h00

<Tarif plein> 26€
<Tarif réduit> 23€
<Carte MC2> 18€
<Carte MC2+> 12€*
* dernière minute 9€
Dance
Chorégraphie de Lucinda Childs | Film de Sol LeWitt | Musique de Philip Glass

New York 1979 : un grand laboratoire artistique, ouvert, pluriel, où les artistes de toutes disciplines se côtoient, s’associent pour un temps puis continuent leur chemin ; personne ne songe alors à établir une hiérarchie entre les genres. C’est dans ce contexte que Dance vit le jour sous les auspices de trois artistes radicaux, le plasticien Sol LeWitt rejoint Philip Glass et Lucinda Childs qui viennent de collaborer sur Einstein on the Beach de Robert Wilson. Ils sont unis par une conception de l’art commune au sein de laquelle l’abstraction, la rigueur mathématique et les compositions répétitives tiennent les premiers rôles. Pourtant, loin de l’austérité qui pourrait naître de ce credo, Dance est – et reste trente ans plus tard – une pièce vibrante, joyeuse, presque ludique. Une oeuvre sans début ni fin, se déroulant à une cadence infernale dont l’énergie communicante dope le corps de l’observateur. La pièce exige des danseurs une concentration et une rapidité d’exécution hors du commun. Les jeunes danseurs qui ont pris la place des interprètes d’origine lorsque Lucinda Childs recréa la pièce en 2009, sont parfaitement à la hauteur de la tâche. La danse, basée sur une succession de pas glissés ou sautés d’apparence très simple, est construite sur une extrême complexité rythmique. Musique, images et mouvements ont été conçus pour se synchroniser d’une manière dynamique et l’on vérifie ici une fois encore que le « tout » est bien supérieur à la somme des parties ! Chaque artiste a travaillé à partir de structures modulaires qui se répètent avec d’infimes variations créant ainsi une sorte de kaléidoscope visuel et auditif à couper le souffle. Sol LeWitt conçut bien plus qu’un décor. Qu’elles soient dans un rapport mimétique, bouleversent les rapports d’échelle ou habillent le plateau d’un simple carroyage quasi euclidien, ses images font corps avec la frénésie de la danse dans un constant jeu d’apparitions et de disparitions dont elles sont inséparables. Ni illustration, ni faire valoir, la musique emplit l’espace, le façonne, renforçant la puissance hypnotique de l’ensemble. Ce sont certainement ce souffle, cette puissante vibration d’énergies collaboratives qui confèrent à la pièce un statut si particulier. Elle représente un moment d’exceptionnelle créativité collective dont la liberté formelle s’arrime fermement à une rigueur de composition libératrice. Une oeuvre fascinante dont le pouvoir d’envoûtement n’a rien perdu de sa vivacité.

<avec> <Chorégraphie> Lucinda Childs <Vidéo> Sol LeWitt <Musique> Philip Glass <Danseurs> Ty Boomershine > Katie Dorn > Kate Fisher > Anne Lewis > Sharon Milanese > Vincent Mccloskey > Matt Pardo > Patrick John O’ Neill > Lonnie Poupard Jr. > Stuart Singer > Caitlin Scranton > Shakirah Stewart <Remplaçants> Sarah Hillmon > John Sorensen-Joliink <Danseurs dans le film> Megan Walker > Ande Peck > Susan Osberg > Erin Matthiessen > Judy Padow > Graham Conley > Cynthia Hedstrom > Daniel McCusker > Lucinda Childs <Lumière> Beverly Emmons <Costumes> A. Christina Giannini <Assistant à la chorégraphie> Ty Boomershine

<production> Linda Brumbach <Manageur de la production et de la représentation> Promegranate Arts www.promegranatearts.com

Aller loin

"DANCE : au cœur de la constellation post-modern"
Conférence de Sylvaine Van den Esch, conseillère danse à la MC2, sur la danse américaine à la fin des années 70.
<Vendredi 19 octobre à 19h> MC2: Salle vidéo
Renseignements et Inscription : rp@mc2grenoble.fr - 04 76 00 79 22

 






<vos avis>



1. Guy Chassigneux - mardi 23 octobre 2012 à 10:08
Le spectacle est court et pour moi il aurait pu durer jusqu’au bout de la nuit ; les musiques répétitives de Phil Glass ne finissent jamais. La danse se fond dans les rythmes lancinants où se découvrent d’infinies variations, les danseurs sont impressionnants et élégants même pendant les rappels. Parfois, j’aime la beauté quand elle est froide. Je me suis retrouvé dans cette quête élémentaire du bon pas, comme on peut chercher le mot juste, la seconde exacte où la photographie saisira une vérité. Nous sommes entrainés dans un tourbillon hypnotique d’une énergie sans transpiration, d’une séduction qui donne le vertige. J’ai pensé aux derviches tourneurs. Si le temps est aboli durant une heure, l’espace est chamboulé lui aussi avec des projections sur un écran de gaze discret d’images du ballet qui accompagnent les 12 acteurs impeccables dans leurs déplacements acharnés et légers, insistants et au-delà de nos pesanteurs. Quand la rigueur la plus impressionnante donne cet air de liberté le plus élevé, nous applaudissons.