Musique
Auditorium

<Mercredi 14 novembre 2012>

Me1419h30

<durée> 1h30

<Tarif plein> 81€
<Tarif réduit> 79€
<Carte MC2> 75€
<Carte MC2+> 12€*
* quota 100 places
Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg
Direction : Yuri Temirkanov

Sergueï Prokofiev, né en 1891, étudie les classiques et découvre les modernes au conservatoire de Saint-Pétersbourg. En 1917, à l’écart de l’agitation révolutionnaire, il compose sa 1re Symphonie dite « Classique » en quatre mouvements dans le style de Haydn, affirmant que « si Haydn avait vécu jusqu’à nos jours, il aurait gardé son style en acceptant une partie de ce qui était nouveau ». La brève gavotte qui remplace le menuet sera reprise dans son ballet Roméo et Juliette. La musique de Roméo et Juliette, composée en 1935, suit de très près la tragédie de Shakespeare. Œuvre monumentale d’une durée de près de deux heures, elle fut d’abord présentée en version concert sous forme de Suites symphoniques rendant plus accessibles les scènes majeures du ballet. L’orchestration brillante et le génie coloriste de Prokofiev animent cette partition tragique d’une jeunesse passionnée. Dimitri Chostakovitch, autre grand compositeur russe de l’époque soviétique, eut plus à souffrir que son aîné Prokofiev des diktats de l’idéologie stalinienne. Accusé de « formalisme », il compose en 1937 sa Symphonie n°5 dans le but de se réconcilier avec le Parti. Ses quatre mouvements, d’une ampleur mahlérienne, totalisent quarante-cinq minutes d’une musique dense et variée faisant la part belle aux cuivres et aux percussions. Les autorités surent y entendre les composantes optimistes du réalisme socialiste. Mais le final grandiose ne résonne-t-il pas comme une parodie du stalinisme victorieux ? Chostakovitch y voyait plutôt « une réjouissance forcée, créée sous la menace et les coups de bâton ». L’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg est la plus ancienne formation symphonique de Russie. Après la Révolution de 1917, il fut d’abord dirigé par S. Koussevitzki. Cet orchestre a assuré la création de la plupart des symphonies de Chostakovitch, dont la 5e. Succédant à Mravinski en 1988, Yuri Temirkanov en est l’actuel directeur musical. Diplômé du conservatoire de Saint-Pétersbourg, ce grand chef a été chef invité de nombreuses formations tant en Russie qu’en Angleterre et aux États-Unis. Si ses tournées à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg sont nombreuses, c’est la première fois qu’il dirige cette exceptionnelle phalange, l’une des toutes premières au monde, à Grenoble.

<programme> Sergueï Prokofiev : Symphonie Classique > Roméo et Juliette (extraits : Montaigus et Capulets, Juliette jeune fille, Danse, Roméo chez Juliette avant le départ, Danse des jeune Antillaises, Roméo sur la tombe de Juliette, Scène, Masques, Fin de Tybalt) > Dimitri Chostakovitch : Symphonie n°5





<vos avis>



2. Helenica - mardi 27 novembre 2012 à 21:24
Un magnifique moment d'une grande subtilité .. et d'une telle maîtrise. La musique donnait l'impression de flotter au dessus de l'orchestre.

1. RB - dimanche 18 novembre 2012 à 04:45
D'UNE 5ÈME L'AUTRE Après une brillante programmation au mois d'octobre - pour ce que j'en ai entendu, entre Ivan Fischer dirigeant Bartok & Mahler à la tête de l'Orchestre de Budapest et William Christie emportant les Arts Florissants au sommet avec le Motet des Trépassés de Charpentier- on aurait pu penser avoir fait le plein d'émotions musicales pour quelque temps (et il serait injuste d'oublier le Concerto en sol de Ravel interprété par Bertrand Chamayou avec la Chambre Philharmonique d'Emmanuel Krivine)... Novembre en fait nous aura permis d'entendre idéalement l' idéal Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg dans son répertoire idéal, celui en tout cas qui lui appartient plus qu'à aucun autre : Prokofiev d'abord, pour une première partie qui laissa déjà le public un peu "sonné" devant tant de clarté et de puissance dans l'interprétation ; Chostakovitch ensuite - 5ème Symphonie, 3ème mouvement dont me restera pour longtemps l'image de Yuri Temirkanov dessinant, modelant, sculptant à main nue le son de son orchestre dans un Largo admirable d'émotion. Impeccable "bis" enfin, énigmatique à souhait (nous étions nombreux à la sortie à nous demander quel en était le compositeur) - 10ème en fait des "Enigma Variations" d'Edward Elgar, déchirante comme peut l'être une séparation, la fin de quelque chose, ou peut-être bien celle d'un moment d'exception dont on se sait déjà nostalgique avant même qu'il se soit enfui.