Inventeur d’une méthode de composition à partir d’une ordonnance sérielle des douze sons de la gamme chromatique, Schönberg fut l’un des plus grands modernes du XXe siècle. Ce fut-là son premier péché. Auteur d’émouvants lieder
où l’on pouvait encore retrouver la figure errante du Wanderer schubertien, Schönberg ne rompit jamais totalement avec le romantisme de ses aînés. Ce fut-là son second péché. Moderne ou romantique, il lui aurait fallu choisir afin de plaire,
plutôt qu’aux deux clans – c’est-à-dire à personne –, soit aux visionnaires, soit aux nostalgiques des anciens temps. Aujourd’hui, nul ne ressent plus le besoin de se prétendre héritier du maître de l’École de Vienne, ni de rompre avec ce qui le liait encore au passé. Et de découvrir, en compagnie de Florent Boffard, le véritable visage de la musique de Schönberg, au-delà des questions de théorie, replacé dans une grande histoire de la musique allemande profondément marquée par
Bach et par Wagner notamment. Plus qu’un simple concert, c’est une véritable plongée dans les « arcanes schönbergiennes » que nous propose Florent Boffard, qui alliera à cette occasion ses formidables qualités de concertiste et de pédagogue. Ancien soliste de l’Ensemble Intercontemporain, nommé professeur au conservatoire de Paris en
1997, à la Musikhochschule de Stuttgart en 2004, puis à Lyon il y a trois ans, il s’est vu décerner en 2001 le prix Belmont, en récompense de son engagement en faveur de la musique d’aujourd’hui. Attentif à tisser de nouveaux liens entre
les oeuvres et leur public, il nous offrira quelques clés d’écoute avant de laisser la musique totalement maîtresse d’elle-même. Comme pour satisfaire le désir du compositeur, qui invitait son beau-frère et ancien élève Rudolf Kolish à ne
pas perdre de temps en cherchant à savoir comment la musique se construisait : « Crois-tu donc qu’il y ait une quelconque utilité à savoir cela ? Je ne saurais trop mettre en garde contre le danger qu’il y a à surévaluer les analyses, puisqu’elles conduisent à ce que j’ai toujours combattu : à savoir comment c’est fait ; alors que j’ai toujours aidé à reconnaître ce que c’est ! »<programme> Arnold Schönberg : 3 pièces pour piano op. 11 > Johann Sebastian Bach : Interventions à 3 voix n° 9, n° 14 > Andante de la sonate en trio n°4 BWV 528 (transcrit pour piano seul par Florent Boffard) > Arnold Schönberg : 5 pièces pour piano op. 23 > Richard Wagner – Franz Liszt : Mort d’Isolde > Arnold Schönberg : Suite op. 25
Aller

loin
Avant-concert
Conférence musicale animée par François-Gildas Tual, professeur
d'analyse et de culture musicale. En collaboration avec le conservatoire de Grenoble.
<jeudi 11 avril à 18h>
<vos avis>