Occupation de la MC2: communiqué de presse

“Le printemps est inexorable” ‐ #feuvertpourlaculture

 

La MC2: Maison de la Culture de Grenoble – Scène nationale est occupée depuis le mardi 16 mars, 13h30, par le Collectif « Culture en lutte 38 » regroupant des syndicats, des travailleuses et travailleurs de la culture, des étudiant.e.s en art, des artistes amateurs, des amoureux de la Culture de toutes sortes réuni.e.s sous le #ouverturesessentiellesgrenoble.

La MC2 tient à exprimer son soutien aux revendications du collectif et sa pleine compréhension de la colère et du désarroi très sensible lors de l’Assemblée Générale qui s’est tenue hier sur notre parvis.

Nous demandons la réouverture de nos lieux au public dans les plus brefs délais, dans le respect des précautions sanitaires et sur la base du protocole de reprise d’activité́ graduée, proposé dès le mois de janvier par plusieurs organisations professionnelles (SYNDEAC, SNSP, FORCES MUSICALES, PROFEDIM).

À ce sujet, Grenoble‐Alpes‐Métropole et la MC2 réaffirment leur souhait de pouvoir être un établissement test pour l’élaboration du « modèle résilient » proposé par la ministre de la Culture.

Que cette réouverture soit immédiatement assortie d’une prorogation indispensable des droits des intermittent.e.s et que les crédits dédiés au plan de relance soient urgemment mobilisés afin de soutenir directement l’emploi dans notre secteur, ainsi que les professionnel.le.s les plus fragiles qui sont aujourd’hui menacé.e.s par une précarité extrême.

Que soit mis en place un accompagnement prioritaire et urgent de la jeunesse et de la nouvelle génération d’artistes coupés en plein envol et sans visibilité sur l’avenir.

Qu’une attention forte soit accordée aux incohérences sociales des salarié.e.s en fin de droit, en congé maladie ou maternité et une résolution de ces situations.

Que notre gouvernement suspende tout projet de réforme des conditions d’accès à l’assurance chômage dans un contexte où les plus fragilisé.e.s de nos concitoyen.ne.s sont déjà les grandes victimes de la crise économique que nous traversons.

Nous avons été pleinement mobilisés, à l’initiative du SYNDEAC, sous le mot d’ordre « Le printemps est inexorable » ‐ #feuvertpourlaculture, samedi 20 mars sur le parvis de la MC2.

Parce qu’aujourd’hui nous considérons que le travail que nous avons collectivement produit pour permettre en toute sécurité le retour des publics dans nos salles, ne légitime plus la fermeture de nos établissements. Nous observons, et certaines études le démontrent, que l’atteinte psychologique de nos concitoyen.ne.s (dont nos collègues intermittent.e.s et salarié.e.s permanent.e.s) est une conséquence directe, grave et durable de la perte de toute sociabilité ‐ que celle‐ci se vive dans nos lieux ou dans les espaces de convivialité que sont les restaurants et les cafés. Nous nous alarmons de voir s’accroître les inégalités sociales, la dégradation de la situation financière des plus précaires et des étudiant.e.s.

Aujourd’hui, ce que nous pensions être un régime d’exception est en train de s’installer dans la durée pour devenir une norme. Une norme qui peut laisser penser que l’interruption de la vie culturelle n’est considérée que comme la mise à l’arrêt d’un secteur économique, et non comme le renoncement à une activité essentielle à la bonne santé mentale des individus, à la vie en communauté et à l’éducation de la jeunesse.

Le Conseil d’État lors de son jugement rendu au mois de décembre à l’occasion du référé‐liberté déposé par les organisations professionnelles, soulignait que la fermeture de nos lieux ne pouvait s’inscrire dans la durée sans porter une atteinte injustifiée à plusieurs libertés fondamentales dont la liberté d’expression et de création. Aujourd’hui, un an après le début de cette crise, nous y sommes.

Arnaud Meunier – Directeur de la MC2
Laetitia Rabih – Présidente du Conseil d’Administration de la MC2

Publié le mercredi 17 mars 2021