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D’un quartier populaire d’Échirolles aux planches de l’Odéon à Paris, Brahim Koutari raconte comment le théâtre l’a saisi et ne l’a plus lâché. Son seul en scène, signé Adèle Gascuel, a conquis Grenoble et bien au-delà lors de sa création à la MC2 en 2025.

Créé à la MC2 la saison dernière, le seul en scène de Brahim Koutari a rencontré un vif succès en tournée. Brahim a grandi à Échirolles, au 24 Place Beaumarchais, dans la ZUP – la « zone huppée de Grenoble », comme il aime appeler son  quartier. Entre contrôles policiers et rêves d’ailleurs, c’est finalement le théâtre qui lui permettra de donner forme à ses aspirations. Ce récit de vie livré avec justesse et sensibilité, habité par l’amour, la foi, l’humour et la fierté, est porté par un fabuleux trio : Brahim Koutari au plateau, Adèle Gascuel à l’écriture et Catherine Hargreaves à la mise en scène.

 

Note d’intention de Brahim Koutari, comédien (extraits)

Mon envie d’être acteur naît de ma vie, de mon environnement ; sur scène, je souhaite pouvoir interpréter ma vie, en être mon propre acteur, et par ricochet pouvoir être l’acteur de la vie des gens qui m’entourent. Je veux leur donner à voir sur les planches quelqu’un en qui ils se reconnaissent et qui leur permet de rêver, de s’évader, de s’énerver ; quelqu’un qui leur inspire des émotions et des sentiments dont ils sont familiers, quelqu’un dont ils ne sont pas si éloigné. (…) Je souhaite vous proposer un spectacle avec un immense S et avec un immense cœur sur scène, et que mon interprétation vous partage qui je suis. C’est important pour moi que ce texte soit joué au théâtre, et non pas dans d’autres endroits, car je souhaite que la diversité puisse s’opérer dans les salles de spectacle et que mon histoire, ce texte, puisse faire une différence. J’ai envie de rassembler au théâtre des gens qui n’ont pas l’habitude d’y aller et de pouvoir composer un public différent de celui qui les fréquente d’ordinaire. J’ai envie de pouvoir partager mon histoire à des jeunes ou à des anciens, de leur donner l’espoir de croire en eux, et surtout de croire en nous tous.

 

Note d’intention d’Adèle Gascuel, autrice (extrait)

On se l’était dit dès notre première rencontre avec Brahim : il faut une belle langue. Et puis il m’avait rappelée, quelques jours après notre première série d’entretiens : mais il faut que ça me ressemble, quand même, hein ? C’est à l’intérieur de ce paradoxe que j’ai écrit 24 Place Beaumarchais : en essayant de tenir l’épure d’un récit de vie avec les images, les événements, les anecdotes qui lui donne son rythme, avec la puissance des images poétiques qui peuvent en surgir… tout en laissant entendre les multiples langues de Brahim, et qui font aussi la richesse de ce récit.
La langue du quartier et son oralité qui se conjuguent avec l’amour de Brahim pour le stand-up, l’adresse au public, un certain plaisir de l’irrévérence ; la langue du théâtre avec des extraits de Shakespeare et Molière ; la langue marocaine, celle de la famille qui est restée au pays ; l’arabe coranique, celui de la foi musulmane ; le rap qu’écoute Brahim, qui, lui, raconte son attachement à son quartier. Toutes ces langues disent déjà beaucoup du parcours de ce jeune homme de France, arabe et musulman, qui devient acteur. Elles racontent aussi la fierté et l’amour du quartier que Brahim veut transmettre – loin d’un récit transfuge, victimaire, ou misérabiliste.

 

Note d’intention de Catherine Hargreaves, metteuse en scène (extrait) 

Avec Brahim, nous ne venons pas du même monde mais ce qui nous réunit c’est que malgré nos histoires respectives de déracinement et de marge, « au théâtre, nous savons où nous situer. Là. Sur notre terre à nous. » Brahim nous raconte ce que certains appellent son « intégration » dans le monde du théâtre. Ce qu’Adèle a su écrire, à l’écoute de Brahim, c’est la remise en question même de cette intégration. Non, il ne s’intègre pas. Il trouve, grâce à un acharnement rare et une volonté puissante, le moyen de récupérer son droit de faire partie, lui aussi, du théâtre public et ce faisant, il ne quitte pas Échirolles comme on lui demande mais il l’amène avec lui. Il ne se considère pas comme un élu ou un chanceux, il n’a pas été extrait de la « misère » pour aller vers « l’excellence ». Il nous offre le récit d’un français ordinaire ne souhaitant pas être « transfuge de classe ». Il nous offre aussi un récit qu’on entend trop peu en France, un récit où la religion musulmane est présente sans fards. Elle n’est pas un problème ou une invitation au débat, elle n’est pas non plus l’objet de revendications, elle fait partie du récit comme elle fait partie de Brahim, une source d’histoires et de visions qui aident à façonner une culture et une identité.

Distribution

Brahim Koutari

Générique

Sur une idée originale de
Brahim Koutari 

Texte
Adèle Gascuel avec la complicité de Brahim Koutari

Mise en scène
Catherine Hargreaves en collaboration avec Adèle Gascuel 

Scénographie
Benjamin Lebreton  

 

Lumière
Stéphanie Daniel

Son
Patrick Jammes

Assistanat à la mise en scène
Angélique Heller

Construction décor
Atelier de la MC2: Grenoble  

Mentions

Production

MC2: Maison de la Culture de Grenoble – Scène nationale, Cie les 7 sœurs 

Soutiens

Ville d’Échirolles, Théâtre national Populaire de Villeurbanne, Théâtre Ouvert – Centre national des dramaturgies contemporaines

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