Depuis ses premières pièces, Marlene Monteiro Freitas impose un langage chorégraphique immédiatement reconnaissable. Son travail mêle danse, théâtre, musique et arts visuels dans des formes intenses, souvent traversées par le grotesque ou l’excès, et une précision millimétrée du geste. Elle enfonce les portes de l’imaginaire et dérègle le baromètre des canons de beauté avec son esthétique baroque, son imagerie surréaliste et ses créatures hybrides. Avec NÔT – « nuit » en créole capverdien – la chorégraphe s’inspire de l’univers des Mille et une Nuits. Sans illustrer le conte originel, les interprètes traversent une suite ininterrompue de situations, comme autant de récits incarnés. C’est à la fois clownesque, inquiétant, souvent très drôle, toujours virtuose. Les artistes composent une sorte de carnaval explosif. Masqués, grimés, poussés jusqu’à leurs limites, ils nous entraînent dans une grande fresque chorégraphique, au rythme de la musique jouée en direct. Une œuvre hypnotique qui confirme Marlene Monteiro Freitas comme l’une des créatrices les plus inventives de sa génération !
La presse en parle
« Un choc visuel et musical » Les Échos
Biographie
Marlene Monteiro Freitas (Cap Vert, 1979) a étudié la danse à P.A.R.T.S. (Bruxelles), à la ESD et à la Fondation Calouste Gulbenkian (Lisbonne). Elle a collaboré avec des chorégraphes tels qu’Emmanuelle Huynh, Loïc Touzé, Tânia Carvalho et Boris Charmatz.
Ses créations les plus marquantes incluent Canine Jaunâtre 3 (2024, Ballet de l’Opéra National de Lyon), LULU (2023), RI TE (2022, avec Israel Galván), Pierrot Lunaire (2021, avec Klangforum Wien), Bacchantes-Prélude pour une purge (2017), Jaguar (2015) et (M)imosa (2011). NÔT est sa dernière création, présentée en ouverture du Festival d’Avignon. Le dénominateur commun de ses œuvres est l’ouverture, l’hybridité, l’impureté et l’intensité.
En 2015, elle co-fonde P.OR.K, structure qui produit son travail depuis lors. Parmi ses distinctions : le Lion d’argent de la Biennale de Venise (2018), le Chanel Next Prize et l’Evens Arts Prize (2022). Depuis 2020, elle est co-programmatrice du projet (un)common ground sur l’inscription territoriale et artistique du conflit israélo-palestinien.
Note d’intention
D’un côté un mur de personnes, de l’autre un mur de pierres, comme pris « entre l’épée et le mur », une scène. Dans cette vallée enchantée, un spectacle en miniature façonné pour tenir dans de grands espaces. Il a la forme d’une fable, résultat de l’accumulation de plusieurs contes, certains d’amour, d’autres de guerre, certains de voyages, d’autres bestiaux. Ce sont des contes-armes, qui garantissent la survie de leur narrateur, dans un duel entre l’imagination et un coeur pétrifié. Ce sont des contes-lamentations, qui célèbrent les absents, dans un duel entre la vie et la mort, la prison et la liberté, le vice et la vertu, la réalité et le désir.
Dans cette architecture de pierre-sur-pierre et de personne-sur-personne, un miroir imaginaire. Un artefact de multiplication, de projection, d’aliénation et d’envoûtement qui, nuit après nuit, transformera la scène en un oignon.
De couche en couche, enveloppée de senteurs et de éclaboussures invisibles, la « bouche conteuse » se livre à l’épée et au mur, ajoutant un conte à l’infinité des contes.
Pour en découvrir +
Découvrez l’article « NÔT : la pantomime viscérale de Marlene Monteiro Freitas enfin à vif » par Cult News