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Et si l’on redécouvrait Françoise Dolto à hauteur d’enfant ? Petite Dolto fait surgir une fillette malicieuse dont les questions, aussi drôles que profondes, éclairent notre rapport à l’enfance. Un spectacle qui parle avec tendresse aux petits comme aux grands.

Sur scène, un espace ludique prend forme, à la croisée d’une chambre d’enfant, d’un studio radiophonique et d’un cabinet de consultation. Un saxophoniste de jazz multi-instrumentiste et un comédien donnent voix à une drôle de fillette surnommée « Vava ». À travers elle, surgissent les souvenirs d’enfance de la grande thérapeute, Françoise Dolto. Vava pose des questions simples, parfois incongrues, souvent vertigineuses. Pourquoi les crevettes demandent-elles à être cuites vivantes ? Comment ça se fait que les adultes ne comprennent pas les enfants ? Ce joyeux cadavre-exquis théâtral et musical nous interroge, l’air de rien et avec humour, sur le rôle de la psychanalyse mais aussi sur la place que notre société accorde aux enfants.

 

NOTE D’INTENTION
Pourquoi s’intéresser à la figure de Françoise Dolto et en particulier à son enfance ?

En rendant audible au plus grand nombre la nécessité de considérer l’enfant comme une personne en devenir et d’entendre ses paroles, Françoise Dolto est indéniablement d’une modernité remarquable. Aujourd’hui, on fait du Dolto un peu partout sans le savoir… Ainsi la période d’adaptation en crèche, c’est elle. Comprendre la façon dont les enfants voient le monde, c’est elle. Tenir compte de la place que l’enfant occupe au sein de la fratrie et de la famille, c’est encore elle.
Très injustement taxée d’avoir créé une génération d’enfants rois, l’héritage de Dolto est parfois controversé. Beaucoup peinent à se souvenir qu’elle fut l’une des premières à dire qu’il faut écouter et parler à l’enfant dès sa naissance afin de lui apporter une forme de cadre et qu’il se sente ainsi considéré. Un enseignement à proprement parlé révolutionnaire ! Si on connaît souvent bien son travail de clinicienne mais également son influence sur le féminisme et son courage face à la rigidité des institutions, l’enfance de Françoise Dolto reste quant à elle largement méconnue.
À travers cette création, nous avons envie de nous demander quelles sont les rencontres qui l’ont construite et déconstruite au cours de son enfance, puis de sa jeunesse ? Quels rapports entretenait-elle avec ses parents et en particulier avec sa mère ? Quels obstacles a-t-elle franchi pour devenir la femme dont on se souvient aujourd’hui et dont l’un des principaux apports est de considérer l’enfant dès son plus jeune âge comme un sujet à part entière, un être de communication qu’il faut respecter en tant que tel.
Bien qu’appartenant à un milieu plutôt très « comme il faut », Dolto (qui s’appelait alors Françoise Marette) fut tout sauf une fillette conventionnelle. Mal aimée de sa mère qui lui préférait sa sœur ainée… Françoise Dolto a très tôt su tirer son épingle du jeu pour devenir quelque chose qui n’existait pas alors selon ses propres termes : « un médecin d’éducation » ! Sa manière souvent fantaisiste de lire les événements historiques, sa façon de prendre au pied de la lettre les expressions imagées de son entourage, son obsession à percevoir à travers un poste à galène de sa fabrication des informations perceptibles par nul autre qu’elle-même, mais aussi le soin qu’elle dû porter très jeune à son petit frère, préfigurent d’une manière très étonnante les qualités qu’on lui reconnaitra plus tard en tant que psychanalyste. C’est ce tissu d’anecdotes très savoureuses, parfois drôles, parfois tristes, toutes issues de l’enfance de la psychanalyste qui forme le premier matériau du spectacle. Chacune d’entre elles nous permettra de tirer un fil avec un événement appartenant à la vie d’adulte de la thérapeute (de l’obtention de son diplôme de pédiatre, en passant par son aventure radiophonique, jusqu’à la création de la Maison verte).

 

Elsa Imbert, autrice et metteuse en scène

Elsa Imbert est l’autrice de quatre courtes pièces écrites pour le jeune public et qu’elle a également mises en scène : Helen K. (2018), adaptée en langue des signes française, Petits Frères (2018), Garçonne (2012) et Mademoiselle Y (2000). Elle a également travaillé comme comédienne et collaboratrice artistique auprès d’Arnaud Meunier, dont elle est une fidèle complice, et d’autres metteurs en scène dont Benjamin Lazar, Antoine Campo et Thomas Derichebourg. Depuis 2022, elle travaille aussi en étroite collaboration avec l’équipe des relations avec le public de la MC2: Grenoble en tant que coordinatrice artistique des spécialités théâtre.

Distribution

Stéphane Piveteau
Damien Sabatier

Générique

Texte et mise en scène
Elsa Imbert 

Composition musicale
Damien Sabatier 

Collaboration artistique et administrative
Delphine Vilbert 

Scénographie
Louise Diébold 

Lumière
Sébastien Noël-Combes 

Régie générale et lumière
Élodie Llinares 

Régie son
Yann Sandeau

Mentions

Production

Compagnie de la Mauvaise graine

Coproduction

MC2: Maison de la Culture de Grenoble – Scène nationale

Avec le soutien de

la DRAC et de la région Auvergne Rhône-Alpes, de la commune de Mizoën (création dans le cadre des tournées en Isère de la MC2) et du Centre National de la Musique (département de l’Isère ).