Vous avez rencontré nos équipes dans la campagne Eux=MC2. Plongez maintenant dans les coulisses du spectacle vivant et découvrez les métiers qui font battre le cœur de la scène.
Quel a été ton parcours avant de travailler à la MC2 ? J’ai commencé par une fac d’arts plastiques pendant deux ans avant de me réorienter vers une formation avec plus de débouchés : la communication. J’ai suivi la licence 3 à l’IAE (Institut d’administration des entreprises), à Saint-Étienne. Dans le cadre de ces études, j’ai fait deux stages, le premier à l’Office de tourisme, et le second au service communication de la marie de Saint-Étienne. J’y suis resté ensuite en tant que CDD plusieurs mois, j’y ai beaucoup appris. J’étais chargé de la communication externe et avec un studio graphique interne, je gérais des projets de A à Z. C’était très varié : j’ai travaillé sur tout ce qui relève des compétences des mairies, comme l’urbanisation ou les voies vertes, mais aussi sur de grands événements comme le Tour de France. Après sept ans passés à Saint-Étienne, je suis allé à Lyon pour chercher du travail. En plein Covid, c’était difficile et après une période de chômage, j’ai finalement décidé de reprendre une année de master 2 en alternance pour me rapprocher du domaine culturel dans lequel je rêvais de travailler depuis le début de mes études supérieures. J’ai rejoint l’INSEEC puis le CHRD, le Centre historique de la résistance et de la déportation, en tant qu’alternant. C’était vraiment intéressant. C’était ma première expérience de community manager et je travaillais sur des missions vraiment stimulantes. Je me souviens par exemple d’un projet avec le Youtubeur Nota Bene qui était venu faire un tournage sur place pour présenter la collection du centre. J’ai ensuite travaillé à l’École des Beaux-Arts de Lyon en tant que community manager et webmaster pendant un an. Et je suis arrivé à la MC2 en janvier 2025.
Raconte-nous ton métier. En tant que chargé de communication digitale, nous créons en premier lieu (avec Margot ma binôme au sein du service communication) des contenus destinés aux réseaux sociaux pour mettre en avant les spectacles et les événements de la MC2. Cela peut prendre plusieurs formes : création d’images, rédaction de textes, montages vidéo… Nous allons également interviewer les artistes, les metteurs en scène, les techniciens pour ensuite réaliser des vidéos. C’est très intéressant et diversifié, j’aime beaucoup tous ces échanges et la possibilité de rencontrer des personnes aussi différentes et toujours passionnantes. Je participe également à la stratégie CRM, c’est-à-dire la réflexion sur comment rendre la MC2 attractive pour tous les publics : on réfléchit à des offres en transversalité avec l’équipe de la billetterie. Dernière exemple en date avec l’offre Thelma et Louise qui regroupe des spectacles célébrant l’émancipation, la puissance et l’audace des femmes. Nous mettons également en page des messages de relance à destination des spectateurs, afin de leur recommander des spectacles susceptibles de les intéresser, en fonction de leurs précédents achats à la MC2. Je travaille en plus sur le site et d’autres outils numériques : la newsletter et les mailings. Chaque mois, c’est moi qui envoie la newsletter aux abonnés ! Je m’occupe de la mise à jour du site internet et de la relation avec les différents prestataires.
Enfin, tout ce travail implique de faire du « reporting » : je fais régulièrement un suivi des statistiques du site, des réseaux et des newsletters envoyées et je fais un bilan par rapport aux objectifs fixés. Au quotidien, j’utilise beaucoup d’outils différents : la suite Adobe (Photoshop principalement, Première Pro, Indesign), Brevo, Mapado, Matomo, Meta bien sûr pour la gestion des réseau sociaux, ou encore Cap Cut pour monter des vidéos rapidement. Récemment j’ai été en lien avec le CPJ (Conseil participatif de la jeunesse) : une dizaine de jeunes dont certains ont pris en charge les réseaux sociaux de la MC2 lors de la soirée K-Pop du 12 décembre dernier. L’idée étant de leur laisser carte blanche afin qu’ils créent du contenu à leur manière et d’assurer un rôle de soutien pour les guider dans ce sens.
Adapter le ton et transmettre la bonne émotion
Quelles qualités doit avoir un chargé de communication digitale ? Il faut savoir s’adapter aux différentes situations qui se présentent et être capable d’être réactif et efficace rapidement. La créativité est indispensable, en particulier pour les spectacles en création, quand les supports visuels font encore défaut. Il faut aussi être intéressé par les sujets et l’univers du spectacle vivant pour transmettre la bonne émotion et adapter son ton à la programmation très variées de la MC2: Grenoble. Il faut un juste équilibre entre les compétences techniques et l’aspect créatif. Et aussi savoir s’organiser car il y a beaucoup d’échéances très rapprochées (94 spectacles sur la saison 25-26!). C’est important aussi de se tenir informé des tendances et des nouveaux outils qui évoluent sans arrêt.
Un souvenir particulier à la MC2 ? Je me souviens particulièrement du live créé à l’occasion du lancement de la saison 25-26. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, j’étais caméraman, et d’ailleurs c’était une grande première pour toute l’équipe. On a dû tout imaginer de A à Z, c’était un test en conditions réelles. Ce projet a mobilisé une dizaine de personnes de plusieurs services, c’était vraiment chouette et motivant !
Quel est ton spectacle coup de cœur cette saison ? Je pense d’abord à la pièce À l’ombre du réverbère. Ce qui me donne envie, c’est la vision et le récit d’un prisonnier qu’on n’a pas l’habitude de voir au cinéma ou au théâtre. C’est la reconstruction de Redwane Rajel, un homme en détention à travers le théâtre. Ça me fait penser au film Sing Sing que j’ai vu récemment qui traite exactement le même sujet aux États-Unis. Des détenus suivent des ateliers de théâtre et ça leur donne de l’espoir, ça leur permet de s’ouvrir, de créer des liens… J’ai vraiment hâte d’entendre le récit de Redwane Rajel. Sa mise à nue dans le teaser est vraiment sincère et la scénographie épurée donne beaucoup de place à l’acteur. Il y a aussi Solaris, l’opéra vidéo de Othman Louati et Jacques Perconte. Le teaser est captivant. J’aime beaucoup l’ambiance très onirique qui transparait dans ces images et le lien qui est fait entre la vidéo, l’animation et la composition musicale. Je suis très curieux de voir ce que donne cette ambiance de dystopie.