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Les Insoumises 15-16

Qui sont ces poètes, écrivains, intellectuelles, ces autres aliénées, comme on disait au XIXe siècle, qui, d’une manière ou d’une autre, résistent ? Ce sont des insoumises. Drôles, originaux, ces esprits libres tentent de dire, d’écrire un monde bouleversé ; à l’extérieur, par une guerre, un régime ou des conventions ; à l’intérieur, par des luttes intimes, par des contradictions. Pour toutes, le geste d’écriture est l’affirmation d’une posture qui se tient sur les bords.

Isabelle Lafon revient à Grenoble avec Les Insoumises, un projet théâtral de haut vol qui fait entendre trois temps. Cette traversée au féminin par les dates emblématiques du XXe siècle sonde la parole, rendue publique après avoir été secrète, de celles qui ont mené un combat singulier. À l’affiche pendant deux semaines au Petit Théâtre, Les Insoumises sera présenté en intégrale les samedis.

« On ne forcera nul de nous à se soumettre »
Anna Akhmatova

 


 

Deux Ampoules sur cinq

librement inspiré de Notes sur Anna Akhmatova de Lydia Tchoukovskaïa • traduction Bronislava Steinlucht et Isabelle Lafon

Au plus fort des purges staliniennes, deux femmes se voient, discutent. Dans la petite chambre où vit Anna, il y a le cendrier où elle brûle ses poèmes après que Lydia les a appris par cœur. Il y a les blagues chuchotées, les fous rires, les colères d’Anna, la patience de Lydia, leur merveilleuse complicité. Anna Akhmatova, immense poète russe, et Lydia Tchoukovskaïa, journaliste et écrivain, prennent corps sous les yeux et l’éclairage des spectateurs. Elles racontent la Russie des années 40-60, et au-delà… la force de l’art au milieu du désert.

 


 

Let Me Try

d’après Journal intégral 1915-1941 de Virginia Woolf  • traduction de Micha Venaille

Trois femmes sorties à l’aube relèvent un défi : parler d’elle, faire surgir du creux de ses mots son visage, sa pensée, dans le temps qu’il leur reste.

Elle, c’est Virginia Woolf.

Les mots, ce sont ceux qu’elle consigne durant vingt-sept ans, saisissant tantôt ce qui l’entoure, tantôt ce qui l’habite et, le plus souvent, les deux à la fois. Les trois femmes, debout sur la lande, sont les témoins attentifs de tout ce qu’est cette figure ; une marginale et une mondaine, une femme et un écrivain, une conférencière et une exploratrice.

 


 

Nous demeurons

d’après Œuvres psychiatriques de Gaëtan de Clérambault, Textes sans sépulture, conservés à la bibliothèque de l’hôpital Sainte-Anne et réunis par Laurent Danon-BoileauÉcrits bruts présentés par Michel Thévoz, “Les aliénés peints par eux-mêmes” textes publiés dans la revue L’Encéphale de 1882 à 1886 par Emmanuel Régis

Ce pourrait être un atelier comme il en existe maintenant dans les structures dites « d’accueil ». Il semblerait que tout se déroule normalement. Puis il semblerait que les membres de ce groupe ne soient pas de ce temps. Et puis il semblerait qu’ils ne soient pas tous d’aplomb. Et puis il semblerait…

Ce soir, dans cet endroit apparemment désert, il s’agirait pour ces personnes « troublées » de restituer une parole précieuse, celle qui toujours les taraude mais qu’ils ont affûtée par un geste précis : l’écriture.

mardi 2 juin 2015
Deux Ampoules - Les Insoumises

Les Insoumises